Réunis à La Réunion en décembre 2025, les membres du Comité de pilotage (COPIL) du projet régional Industries culturelles et créatives (ICC) – Océan Indien ont dressé un bilan approfondi de l’année écoulée et validé les grandes orientations pour 2026.
Ce temps fort a confirmé la dynamique collective engagée à l’échelle régionale et l’importance de disposer d’un cadre structurant pour accompagner les acteurs culturels de l’Indianocéanie.
Un espace régional pour travailler ensemble
Au-delà des présentations formelles, le COPIL a rappelé combien les temps de rencontre en présentiel sont essentiels pour construire une vision partagée, renforcer la coopération entre pays et nourrir un véritable espace de travail régional.
Les échanges entre institutions, opérateurs culturels, experts et bénéficiaires ont permis de croiser les expériences, d’identifier des leviers d’action communs et de consolider une approche collective du développement des ICC dans la région.
2025 : une année de résultats concrets
L’année 2025 a été marquée par une montée en puissance significative des activités du projet et par des effets tangibles sur les territoires.
Quelques chiffres clés :
- 296 candidatures reçues dans le cadre des différents appels à projets ;
- Plus de 620 000 € de subventions allouées directement aux acteurs culturels et créatifs en 2025 ;
- 72 bénéficiaires accompagnés, dont 66 % de femmes ;
- 48 femmes entrepreneures formées dans le secteur du tourisme culturel ;
- 352 attestations délivrées depuis le lancement du MOOC régional sur les violences basées sur le genre dans les ICC le 25 novembre 2025 ;
- 366 fiches sur les architectures traditionnelles de l'Indianocéanie documentées et mises en ligne...
Formations régionales, appels à projets, dispositifs de mobilité, soutien à la création, actions en faveur de l’égalité femmes-hommes, outils numériques et plateformes de mise en réseau ont contribué à renforcer les compétences, la visibilité et les coopérations entre acteurs culturels de l’Indianocéanie.
2026 : consolider et amplifier l’impact
Les orientations validées pour 2026 s’inscrivent dans une logique de consolidation et de priorisation, afin de renforcer durablement l’impact du projet. Les priorités annoncées portent notamment sur :
- la consolidation des dispositifs existants et un suivi renforcé des bénéficiaires ;
- le développement d’un plaidoyer structuré en faveur des ICC comme levier de développement économique, social et culturel dans les territoires insulaires ;
- le renforcement des outils régionaux, au premier rang desquels la plateforme Kiltir.org, appelée à évoluer pour mieux répondre aux besoins des professionnels ;
- la poursuite des actions en faveur de l’égalité femmes-hommes, de la prévention des violences et du leadership féminin ;
- la valorisation du tourisme culturel et durable comme axe stratégique de coopération régionale.
Afin de maximiser les impacts et de capitaliser pleinement sur les résultats obtenus, un accord de principe a été posé en faveur d’une prolongation du projet de 11 mois. Cette extension, jusqu’en juin 2028, offrira le cadre nécessaire pour renforcer l’impact des actions engagées et structurer un plaidoyer régional solidement adossé aux résultats.
Le projet ICC poursuit ainsi sa trajectoire : renforcer les écosystèmes culturels, soutenir les acteurs, favoriser les coopérations régionales et faire des industries culturelles et créatives un moteur de développement durable pour l’Indianocéanie.
Un temps fort autour du patrimoine
Le COPIL a également été marqué par un temps de visite de terrain, pensé comme un moment de réflexion collective autour du patrimoine, de la mémoire et de leur place dans la coopération régionale.
Les participants venus des Comores, de Madagascar, de Maurice, du Mozambique et des Seychelles ont ainsi visité le Lazaret de la Grande Chaloupe, lieu emblématique de l’histoire de l’engagisme dans l’océan Indien, ainsi que le Musée historique de Villèle, appelé à devenir le futur musée de l’Esclavage de La Réunion.
Cette immersion a nourri les échanges en mettant en lumière le rôle du patrimoine comme vecteur de transmission, de dialogue et de construction d’un récit régional partagé, mais aussi comme ressource culturelle et économique au cœur des dynamiques de développement de l’Indianocéanie.
Paroles institutionnelles et voix du terrain
Une vision partagée portée par la COI et l’AFD
À l’ouverture du Comité de pilotage, la Commission de l’océan Indien (COI) et l’Agence française de développement (AFD) ont réaffirmé la portée stratégique du projet ICC pour la région Indianocéanie.
« La culture n’est pas un secteur à part. Elle constitue un moteur de transformation économique, sociale et territoriale, et un levier essentiel de coopération régionale. »
— Patricia Aubras, Directrice régionale Océan Indien, Agence française de développement (AFD)
La Commission de l’océan Indien (COI) a, pour sa part, salué les avancées concrètes enregistrées en 2025, tout en soulignant l’importance d’une phase de consolidation pour renforcer l’impact du projet à l’échelle régionale.
« Les résultats obtenus démontrent que lorsque les institutions, les experts et les acteurs culturels travaillent ensemble, les effets sont tangibles, durables et visibles sur les territoires. »
— Juliette Janin, Chargée de mission, Commission de l’océan Indien (COI)
Les bénéficiaires témoignent
Les échanges avec les bénéficiaires ont permis d’illustrer de manière concrète l’impact du projet ICC sur les parcours professionnels, la coopération régionale et la structuration des écosystèmes culturels.
« Le soutien à la co-création nous a permis de travailler entre territoires, de confronter nos pratiques et de construire une œuvre qui n’aurait pas pu exister autrement. »
— Vony Ranala, artiste (Madagascar), bénéficiaire du fonds de co-création Indianocéanie
« Même sur une courte durée, la mobilité m’a ouvert de nouveaux marchés, renforcé mon réseau et donné une visibilité décisive à mon travail. »
— Kan Chan Kin, artiste (Maurice), bénéficiaire de la bourse de mobilité AléVini
« La bourse Tafà m’a permis de faire dialoguer création artistique et recherche universitaire, et de renforcer les liens entre artistes, chercheurs et institutions. »
— Vel Anessa, poète et enseignante-chercheuse (Seychelles), bénéficiaire de la bourse Tafà