Mira Photo et Kozy Sary

Faire connaître la photographie documentaire à Madagascar
© Mira Photo

À Madagascar, l’association Mira Photo s’engage à structurer et valoriser la photographie documentaire et le photojournalisme. Dans cette dynamique, la plateforme Kozy Sary a été créée pour ouvrir un espace de dialogue entre artistes et public, favoriser la transmission et encourager une réflexion collective sur les enjeux de l’image et des récits visuels.

La photographie à Madagascar en quête de reconnaissance 

À Madagascar, le métier de photographe reste largement sous-valorisé. Pour beaucoup, la photographie événementielle comme les mariages, les prestations privées ou les événements d’entreprise constitue la principale source de revenus, reléguant souvent les approches documentaires et journalistiques au second plan. « On peut dire que la photographie est développée localement. Cependant, peu de photographes malgaches s’imposent sur la scène internationale. », explique Henitsoa Rafalia, président de Mira Photo.

Le secteur souffre d’un manque de structuration profond : absence de statut clair, peu de formations spécialisées, accès limité aux financements. À cela s’ajoute un marché local quasi inexistant. « La plupart des photographes dépendent de bourses, de concours internationaux ou de l’autofinancement pour produire et diffuser leurs projets. Les commandes viennent généralement des institutions internationales. », souligne Mianoka Andriamandroso, membre l’association Mira Photo. 

Mira Photo : structurer un regard documentaire

Le photojournalisme ou la photographie documentaire en particulier, reste un champ encore fragile, confronté à un manque de moyens, de diffusion et de reconnaissance. « Ici, les agences de presse leur accordent encore peu de considération, et les conditions de travail ne permettent pas toujours de produire des projets de fond. » soutient Henitsoa Rafalia. C’est dans ce contexte que Mira Photo est né en 2020, créé par quatre photographes : Iako Randrianarivelo, Rijasolo, Tangalamamy et Henitsoa Rafalia. « L’idée est de créer un espace structuré réunissant des photographes malgaches engagés dans le documentaire et le photojournalisme.  C’est un secteur qui est encore peu connu à Madagascar, donc le but principal, c’est de faire connaître le métier et valoriser ces pratiques. » Mira Photo défend une approche exigeante, centrée sur le réel, loin des logiques commerciales dominantes.

Kozy Sary : ouvrir la photographie documentaire au public 

Dans la continuité de cette démarche, Mira Photo a lancé Kozy Sary, une plateforme d’échanges pensée comme un espace de réflexion sur l’image et de ses enjeux. Tous les trois mois, en collaboration avec Badass Motorcycle Community, Kozy Sary invite un·e photographe, local·e ou international·e à discuter autour de son travail photographique. « En tant que photojournaliste, notre travail est destiné à la presse. Mais, il nous semble important de le montrer aussi à un autre public, de partager notre vision du monde qui traite du réel sans mise en scène. » explique Rijasolo. 

Au fil des éditions, une véritable communauté s’est formée, mêlant profils variés et regards pluriels tant au niveau des intervenant·es que du public. « Les gens découvrent les photographes documentaires et voient que Madagascar est un terrain de jeu photographique très intéressant, et pas uniquement pour faire des mariages, des shooting mode ou de la publicité. » Actuellement, l’association compte dix membres photographes et vidéastes. Au-delà de ce rendez-vous trimestriel, l’association ambitionne de développer des formations, de renforcer l’éducation à l’image et de créer un festival dédié à la photographie documentaire. 

Aina Zo Raberanto, Journaliste et photographe

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Publié le 13/04/2026