Deux agents du CNDRS participent à une formation régionale en muséographie à La Réunion
Du 26 au 29 janvier 2026, deux agents du Centre National de Recherche et de Documentation Scientifique (CNDRS) ont pris part à une formation régionale en muséographie organisée à l’Île de La Réunion, dans le cadre du Projet régional de développement des Industries Culturelles et Créatives (ICC) en Indianocéanie.
Cette formation, intitulée « Approche sensorielle pour la conception d’une exposition itinérante sur les architectures traditionnelles de l’océan Indien », était organisée par HYDEA sous l’égide de la Commission de l’Océan Indien (COI), avec le soutien financier de l’Agence Française de Développement (AFD). Elle a réuni une quinzaine de professionnels et responsables culturels venus de Maurice, des Seychelles, de Madagascar, du Mozambique, des Comores et de La Réunion.
Une participation comorienne engagée
Les Comores étaient représentées par Tabibou Ali Tabibou, Conservateur- Responsable du musée national des Comores au CNDRS, et Mohamed Mboreha Selemane, Responsable du Conservatoire du Patrimoine au sein de l’institution. Leur participation s’inscrivait dans une volonté de renforcement des compétences professionnelles, notamment en matière de conservation, d’archivage et de valorisation du patrimoine culturel comorien, ainsi que d’ouverture à de nouvelles pratiques muséales adaptées aux attentes du public contemporain.
Créé le 11 janvier 1979, le CNDRS a pour mission d’étudier, préserver et valoriser le patrimoine naturel et culturel de l’Union des Comores. Il regroupe plusieurs départements clés, dont le Musée national des Comores, les Archives nationales, la Bibliothèque nationale, ainsi que des laboratoires dédiés aux traditions orales et à l’archéologie. Cette formation vient ainsi renforcer les actions déjà engagées par l’institution en faveur de la transmission culturelle.
Une formation axée sur la muséographie émotionnelle
L’objectif principal de l’atelier était de renforcer les capacités des acteurs culturels en intégrant les principes d’une muséographie émotionnelle, sensible à l’expérience du visiteur et respectueuse des valeurs culturelles locales. Le parcours de formation, d’une durée de trois jours, a combiné apports théoriques, ateliers pratiques, travaux de groupe et visites de terrain.
“La formation a permis de repenser le musée comme un espace centré sur l’émotion du visiteur” partage Monsieur Tabibou.
Les participants ont été initiés aux fondements de la muséologie contemporaine, à la scénographie innovante, aux outils de médiation, à l’interprétation patrimoniale et à l’usage du numérique dans les espaces muséaux. Une attention particulière a été portée à la conception d’une exposition itinérante régionale dédiée aux architectures traditionnelles de l’océan Indien, construite à partir d’un inventaire réalisé par les différents pays participants.
Des visites de terrain inspirantes
La formation a permis de découvrir plusieurs cas d’études réunionnais, notamment :
- l’Iconothèque Historique de l’Océan Indien, outil majeur d’inventaire et de sensibilisation patrimoniale ;
- le Musée Stella Matutina, à travers l’analyse d’une exposition temporaire et de ses dispositifs muséographiques ;
- le site de l’Entre-Deux, exemple de conservation des architectures traditionnelles comme levier de tourisme culturel, pensé comme un musée à ciel ouvert.
Ces visites ont offert aux participants des références concrètes et inspirantes pour la mise en valeur du patrimoine architectural dans leurs pays respectifs.
Des perspectives concrètes pour les Comores
À l’issue de la formation, les deux agents du CNDRS ont exprimé leur volonté de mettre rapidement en pratique les enseignements reçus.
Parmi les perspectives envisagées figurent :
- l’intégration de la dimension émotionnelle dans les parcours muséographiques ;
- la rénovation de certaines salles d’exposition ;
- le recours accru aux outils numériques pour améliorer l’expérience des visiteurs ;
- et le développement de projets d’expositions itinérantes, afin de toucher un public plus large, notamment les jeunes.
“L’objectif est de faire du musée comorien un lieu dynamique et attractif pour les jeunes”.
Les connaissances acquises sont également partagées en interne à travers des journées de restitution, afin de diffuser les bonnes pratiques au sein de l’institution. Par ailleurs, le CNDRS mène actuellement des actions de sensibilisation auprès des jeunes, notamment à travers des forums et des déplacements sur le terrain, consacrés au patrimoine culturel.
Une vision à long terme
À travers cette formation, Mr Tabibou nourrit une ambition claire : contribuer, à moyen et long terme, à faire du CNDRS et du musée comorien des références régionales en matière de conservation et de transmission culturelle. D’ici cinq ans, ils aspirent à développer des musées plus vivants, accessibles et ancrés dans les réalités locales, où le patrimoine comorien est transmis non seulement par les objets, mais aussi par l’émotion et l’expérience du visiteur.