Mozambique

Riche et bien vivante, avec une incroyable variété de constructions végétales et de savoir-faire associés bien vivaces

Au Mozambique, l'architecture traditionnelle est riche et bien vivante, mais globalement dépréciée, une nécessité économique quotidienne, le lieu de vie pour la majorité de la population. Omniprésente, elle souffre surtout d'un manque criant de considération et de protection légale, du syndrome du "béton d'abord", mais aussi de l'intensification des cyclones tropicaux.

Les constructions s’articulent systématiquement selon la disponibilité locale des matériaux, notamment le Cocotier, le Latanier et l’argile. La progression géographique s’accompagne de transitions typologiques et techniques plus ou moins graduées, avec du végétal dominant dans une large partie du pays et le long des côtes, parfois associé au torchis en terre, cependant que la maçonnerie en pierres est présente dans des zones plus anciennement urbanisées comme le centre de Maputo et sur l’Ile de Mozambique. 

Un peu partout, les compétences sont encore vivaces et détenues directement par les populations - hommes et femmes - qui habitent les constructions, souvent éduqués aux techniques traditionnelles par leurs aînés. Le Mozambique présente ainsi une incroyable variété de constructions végétales et de savoir-faire associés, certaines spécificités techniques et certains assemblages permettant de multiplier par dix la durée de vie des volumes traditionnels.

De nombreux villages et ensembles remarquables sont situés au cœur de paysages culturels qui mériteraient d’être protégés, incluant souvent les espaces annexes associés au bâti, comme les cuisines, les greniers à grains, les enclos végétaux pour les animaux en général etc. Un tourisme culturel de type maisons d’hôtes et logement chez l’habitant mériterait d’y être développé, tant les traditions y sont vivantes et riches.

Souvent modestes et rurales, les architectures traditionnelles Mozambicaines demeurent pourtant fragiles et mal connues, menacées par les transformations rapides des modes de vie et par les effets du changement climatique : l’humidité, les termites, les fissures et l’abandon contribuent à leur dégradation, et leur nombre diminue progressivement.

Mozambique