DML : chanter pour exister, entre retour au pays et impasse professionnelle
Revenu aux Comores après des études en Tanzanie, Djamil-dine Djamal Edine, alias DML, 25 ans, tente de se réinventer dans la musique face aux difficultés d’insertion professionnelle. Entre passion et nécessité, son parcours montre les difficultés que rencontrent de nombreux jeunes diplômé·e·s à la recherche d’opportunités.
Un retour chargé d’ambitions
« Le retour aux Comores était pour moi une étape naturelle », explique DML, affirmant vouloir « mettre [ses] compétences au service de [son] pays ». Comme beaucoup de jeunes diplômé·e·s formé·e·s à l’étranger, il revient avec l’espoir de contribuer au développement local. Titulaire d’une licence en informatique, il s’inscrit dans cette dynamique de retour, souvent valorisée mais peu accompagnée.
La réalité du marché de l’emploi
« Actuellement, je ne travaille pas. Le marché de l’emploi présente des défis. », reconnaît-il. Cette situation montre le décalage souvent qu’on constaté entre ce qu’on apprend à l’école, ou à l’université, et les opportunités réellement accessibles sur le marché du travail. « Je n’ai jamais déposé de CV de manière classique. », précise-t-il, revendiquant une logique entrepreneuriale. Une posture qui, dans un contexte économique fragile, peut devenir un frein autant qu’un choix.
La musique, entre passion et circonstance
Face à cette impasse, DML se tourne vers la musique, « une passion depuis [son] plus jeune âge ». Il insiste : « Ce n’est pas une opportunité par défaut, mais un besoin d’expression. ». Pourtant, le contexte reste déterminant. La fermeture de son agence familiale et l’absence d’emploi ont « libéré du temps » pour s’y consacrer pleinement, révélant une reconversion à la fois choisie et subie.
Une trajectoire révélatrice
« Mon histoire est celle de cette jeunesse qui cherche sa voie entre ses diplômes et ses passions. », affirme l’artiste. Son histoire ressemble à celle de beaucoup de jeunes diplômé·e·s, un marché du travail restreint qui oblige souvent à revoir ses projets, à s’adapter ou à trouver d’autres chemins en dehors des parcours habituels.
Si la musique devient ici un espace d’expression et de résilience, elle souligne aussi, en creux, les insuffisances structurelles du marché de l’emploi. DML affirme vouloir « continuer à créer tout en restant fidèle à [lui]-même », et encourage les jeunes à « ne pas perdre espoir ». Un message porteur, mais qui pose une question essentielle, la passion peut-elle durablement compenser l’absence d’opportunités économiques ?
Mohamed Ali Nasra, journaliste