Radjha Ally, phénomène musical mozambicain aux sonorités de l’océan Indien

Crédit photo : Ilídio Vilanculos 

Sa voix s’impose avant même son nom ! Radjha Ally se distingue par sa voix envoûtante et sa présence scénique, s’inspirant et réinventant les sons, les danses et les rythmes du nord du Mozambique. 

« Notre tradition, c’est à la fois le chant et la danse. Deux éléments qui vont de pair. », explique Radjha Ally. 

Sa musique s’inspire de récits de langue makua, des rituels, des danses et du répertoire traditionnel des provinces baignées par l’océan Indien. Mapiko, Utsi, Shakasha, Tufu et Nsope, tout se transforme en mélodies qui invitent à la danse et à l’écoute, attirant les plus jeunes comme les adultes. Le style remarqué de Radjha Ally, mélangeant influences traditionnelles et références modernes, incarne le Mozambique, un pays dont les cultures dialoguent avec les quatre coins du monde, de l’Orient à l’Occident en passant par l’intérieur de l’Afrique. Son œuvre engagée s’appuie sur ses racines africaines pour tisser des liens profonds entre rythmes dansés, voix puissante et composition musicale. 

Ses racines, son parcours 

Radjha est né à Muecate, à environ 70 kilomètres de la ville de Nampula, au nord du Mozambique. « J’ai grandi dans une communauté où l’on pratiquait beaucoup la danse. Près de chez moi, il y avait un endroit appelé Atlético où, à certaines périodes, se produisaient divers groupes de danse. De nombreux groupes venaient de différents districts de Nampula. C’était un festival où se mêlaient plusieurs rythmes. Je vibrais et je vivais intensément ces rencontres. », raconte Radjha. 

En 2005, il vient effectuer son service militaire dans la province de Maputo. Il y reste pour étudier la théologie et la musique à l’École de communication et des arts de l’Université Eduardo Mondlane. 

Crédit photo : Ilídio Vilanculos 

Vozes Que Encantam, concours de voix 

En 2020, il se fait connaître à l’échelle nationale grâce à une émission de téléréalité musicale, Vozes Que Encantam. Puisant dans la mémoire collective, il s’est présenté en héritier de plusieurs grandes références artistiques mozambicaines : le groupe populaire Eyuphuro, la chanteuse emblématique Zena Bacar ou encore Aida Humberto, chanteuse et musicienne renommée. Puis, l’artiste s’est imposé de plus en plus sur les scènes des principaux centres culturels du Mozambique. 

Une carrière lancée à La Réunion 

Sa carrière internationale prend son envol lorsqu’il participe, en 2022, à l’Indian Ocean Music Market (IOMMA), à La Réunion. Sa prestation est remarquée par le label français Accords Croisés, qui accompagne la diffusion européenne de son premier album, «Niinee» (sorti en 2025). Radjha Ally devient une référence parmi la nouvelle génération d’artistes mozambicains. 

«Quand j’ai enregistré l’album, je savais que je voulais rester fidèle à mes traditions. Il comporte plusieurs rythmes, et chacun d’entre eux a ses propres caractéristiques. J’y ai intégré des rythmes comme l’Utsi et le Mapiko, mélangés à la guitare acoustique et à la basse, mais la base restera toujours les tambours et la batucada. Ce rythme met clairement en évidence mes origines. Dès les premières notes, on sait qu’il s’agit du Mozambique. C’est l’Afrique. » 

Au lieu de chercher une identité musicale à travers le monde, Radjha transmet au monde entier ce qu’il a appris chez lui. Sa musique part de Nampula, au Mozambique, s’approche de l’océan Indien et poursuit son voyage. 

Eduardo Quive, Auteur et journaliste 

 En savoir plus : https://www.accent-presse.com/artiste/radjha-ally/ 

Crédit photo : Tiòfelo Fumo 
Publié le 04/09/2026