Durban FilmMart - Anatole Ramaroson avant la séance de Pitch du Talents Durban au DFM 2026

Anatole Ramaroson, une figure du film documentaire à Madagascar

Publié le 29 octobre 2026

Ancien journaliste, auteur-réalisateur et producteur, Anatole Ramaroson fait du cinéma documentaire un moyen de raconter Madagascar et de préserver sa mémoire. Avec son projet “ Fitampoha, le retour du roi de Menabe”, récompensé au Durban FilmMart 2026, il poursuit son engagement pour faire rayonner les histoires malgaches au-delà des frontières.

Impossible de parler du cinéma documentaire malgache sans citer Anatole Ramaroson. Auteur-réalisateur et producteur, il figure parmi les professionnels qui contribuent au développement de ce secteur à Madagascar. Du 9 au 12 octobre 2026, il a participé à la 19e édition du Durban FilmMart, en Afrique du Sud, avec son projet documentaire “Fitampoha, le retour du roi de Menabe”. Ce projet a remporté le prix du FIDADOC Award, qui lui permettra de bénéficier d’une résidence de postproduction au Maroc en 2027.

« J’ai accueilli cette distinction avec beaucoup de joie et aussi une certaine surprise » confie Anatole Ramaroson. Le documentaire “Fitampoha, le retour du roi de Menabe” s’intéresse à l’histoire du roi Toera, roi du Sakalava de Menabe, Sud-Ouest de la Grande île, décapité par les troupes coloniales françaises en 1897. Son descendant, Joe Kamamy, entreprend le rapatriement du crâne de son ancêtre depuis le Musée de l’Homme, à Paris. L’objectif est de lui permettre de retrouver sa place parmi les reliques royales, appelées Dady, et de participer au Fitampoha, cérémonie traditionnelle du bain des reliques royales du Menabe.

Pourquoi le documentaire ?

« J’ai choisi le documentaire parce que le réel est pour moi une matière vivante, imprévisible, qui révèle souvent des histoires plus fortes que celles que l’on pourrait imaginer » explique Anatole. A travers le film documentaire, le cinéaste apprécie notamment la possibilité de se laisser surprendre par les personnes et les événements, sans chercher à imposer une vérité unique. « Le documentaire n’est pas seulement un moyen de témoigner du réel ; c’est une manière de questionner notre rapport au monde et à l’histoire » poursuit-il.

Son parcours

Le parcours de Anatole Ramaroson commence dans le journalisme. En 2001, il part en France pour suivre des formations en cinéma et en audiovisuel. Après plus de 17 ans en Europe, il retourne à Madagascar en 2018 afin de se consacrer pleinement à ses projets cinématographiques et audiovisuels.

Il fonde alors AyeAye Films Dev, sa structure de production, et prend la présidence de l’association Asa Sary, engagée dans la formation et les échanges d’expériences dans les domaines du cinéma et de l’audiovisuel.

S’il a déjà participé à la production de films documentaires, son retour à Madagascar marque un tournant vers le développement de ses propres projets de création. « J’ai beaucoup écrit, développé et tourné pour l’instant » précise-t-il.

Deux projets occupent actuellement son travail. “Dan out Ker” est en phase de développement, dans l’attente de la production avec des partenaires français et réunionnais. De son côté, “Fitampoha, le retour du roi de Menabe” poursuit son développement et son tournage avec sa propre société de production.

Créer et promouvoir

Au-delà de ses réalisations, Anatole Ramaroson s’investit dans la promotion du cinéma documentaire à Madagascar. Il est à l’origine du Festival international Ant’Sary Doc Mada, lancé en 2023, et du Festival du film de l’océan Indien sur la mer et la musique, organisé à Toliara depuis 2026.

La création du festival Ant’Sary Doc Mada a pour l’objectif de raconter Madagascar et l’Afrique dans toute leur diversité, préserver la mémoire des sociétés et donner la parole à celles et ceux que l’on entend peu.

« Nous avons besoin de nos propres espaces de création, de diffusion et de rencontre pour que les cinéastes malgaches puissent montrer leurs films, échanger avec d’autres regards et faire entendre leurs histoires au-delà de nos frontières », affirme-t-il.

«Un secteur prometteur, mais encore fragile» dit Anatole

Pour Anatole Ramaroson, le cinéma documentaire malgache regorge de richesses, mais peine encore à s’imposer faute de financements, de structures de production solides et de véritables circuits de diffusion. Malgré ces obstacles, le réalisateur reste optimiste quant à l’avenir du secteur. Il appelle à un engagement politique accru pour soutenir la production locale, valoriser les talents et élargir l’accès aux œuvres documentaires. Convaincu de la portée universelle des histoires malgaches, il estime que leur rayonnement international repose sur la qualité des récits et le professionnalisme des équipes.

Nicole Rafalimananjara